Tout reste noir après la dépression ?

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J’ai longtemps , évité le sujet  . Mais il est peut être temps , que je revienne un peu sur les faits . Car , en regardant dans mes anciens articles , j’ai remarqué qu’il y avait beaucoup de choses que je n’avais pas encore dites ou finis d’écrire . Il y a notamment , une chose que je n’ai pas racontée plus en détail , ou peut être de manière assez flou . Je ne vais pas faire une trop longue introduction du sujet , mais je voulais revenir sur un point .
Celui , de l’après prise de médicament . Les conséquences , sur le long terme , et aussi sur la véritable possibilité d’une guérison de la dépression ? Si vous êtes dans une situation , où vous pensez qu’il est impossible de se relever .
J’espère que mon témoignage ,  ( espérons le pas trop ennuyant )  , vous aidera à y voir plus clair .

Pour commencer , je dirais que tout dépend du suivi que vous adoptez . Honnêtement , si vous voyez un thérapeute , un médecin spécialisé pour ce genre de situation . Ou bien même , un psychiatre . Si le travail est fait correctement , je dirais que sur le long terme ,  il peut y avoir des changements importants .
Pour ma part , je sais que pendant la prise du traitement . J’ai eu des mois compliqués . Car prendre un traitement médicamenteux , si nous y sommes sensibles , peut avoir de drôle d’effet . Je me souviens surtout , pendant cette période de flou , d’avoir été le témoin d’une tornade ambulante . Étant plutôt introvertie , je me rappelle bien avoir eu des phases , où je pouvais parler sans m’arrêter  . J’étais tout le temps un peu dans les nuages , parfois très peu fatiguée ,  alors que je n’avais pas dormi de la nuit .
Donc pour ma part , les médicaments non pas du tout était une source de bonheur . Je n’étais pas moi-même  , bien que le soulagement de la difficulté mentale dont j’étais affectée était importante .
Pour tout dire , reprendre les rênes de mon propre cerveau ,  était vraiment quelque chose d’important pour moi . Sur la durée , je n’aurais pas supporté ce « nouveau moi  « , qui parle un peu trop  . D’ailleurs ,  je me demande comment mon entourage n’a pas voulu m’assommer à un certain moment .  Aussi je tiens à signaler , que la prise ou la perte de poids , qui suit le traitement , peut être aussi source de malaise pour beaucoup . J’ai pris je crois plus de dix kilos , alors que je mangeais comme d’habitude . Ce facteur aussi a été important lors de mon arrêt .

Les mois qui ont suivi , ma post-dépression si je peux le dire ainsi , ont été bien plus dur que ce que je pensais . Au départ , on  se sent un peu perdu je crois .
Le plus compliqué est ce  sentiment de revenir au point A , alors que nous avons l’impression d’avoir fait quelque progrès . Et par ce fait , traversé un désert complet sans eau , ni vivre adéquat  . Le problème majeur ici ,  et que si nous n’avons pas été actifs pendant cette période .
Que se soit niveau professionnels ,  ou même pendant ces études  , pour des raisons de santé . (  Car la fatigue physique , peut devenir très handicapante , et il est souvent difficile d’adopter un rythme normal . Certains antidépresseurs provoquent des insomnies importantes , par exemple . Et de la somnolence la journée ). Vous risquez surement  , d’avoir l’impression de ne plus savoir ce qui a réellement était accomplis au cours de ses nombreux mois voire années .
Et dans une société où tout change , tout le temps , l’impression d’être dans le Titanic d’une vie incontrôlable , et plus que caractéristique . Et provoque en conséquence énormément d’angoisse , sur la suite des événements . J’ai eu beaucoup de chance , d’avoir eu des personnes de mon entourage proche , qui ont pu me soutenir dans cette période un peu trouble . Où  je tentais à la fois , de reprendre le contrôle de mon esprit , de mon corps , mais aussi de ma vie . Une tâche qui actuellement n’est pas encore terminée .

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C’est pourquoi je ne cesserais de le répéter  , mais il est important d’avoir un soutien . Nous n’avons pas besoin de conseilles , mais au moins d’une présence , qui puisse appeler régulièrement pour au moins savoir si tout vas bien  . C’est déjà ça qui n’a pas de prix . 
Pour ceux qui sont témoins de la difficulté de quelqu’un d’autre , outre l’inciter à consulter quelqu’un , il est inutile de devoir résoudre le problème soi-même .  Car sinon , cela peut impacter énormément votre morale , voir vous rendre de plus en plus irritée contre l’autre personne . Ce qui n’aide aucunement , ni vous , ni lui ou elle .
Malheureusement , la dépression , et sa guérison est un processus qui se fait seul d’une certaine manière . Car si nous ne comprenons pas qu’il faut se soigner . Il y  a peu de chances que nous écoutions , ce que nous disent d’autres personnes .
Juste une  communication banale , qui ne vise pas intentionnellement le problème , peut s’avérer efficace . Et peut permettre  à celui qui est mal , de ne pas être focalisé encore plus sur son mal-être pour un moment de discussion ,  c’est déjà ça de gagner .

Je ne me considère pas forcément , comme guérie de la dépression . ( J’ai trouvé en effet des rames super pour la navigation , mais pour le radeau je n’ai pas vraiment encore trouvé de plan de construction valide ) . 
Je souffre toujours de mon anxiété , il y a parfois des matins un peu plus durs que d’autres ou il m’est impossible de me lever . Je suis parfois particulièrement emmerdante ( désolé d’utiliser ce mot ) . Car , il m’arrive pas souvent mais de temps en temps , de rire puis de me mettre à pleurer , pour des raisons complètement idiotes .
Mais quand j’insistais sur le bon suivi , c’est parce que c’est quelque chose qui quand vous êtes en dépression , doit être pris au sérieux . Il faut vraiment , pouvoir trouver quelqu’un qui puisse vous donner de réelles méthodes applicables plus tard quand vous ne serez pas sous traitement .
Il semble que lorsque , nous sommes sous l’effet des antidépresseurs . Nous ne nous rendons pas bien compte que les séances parfois ennuyantes . Où ,  nous sommes obligés de dire ce qui c’est passée la semaine . Son importante , et surtout les méthodes qui nous sont données pour affronter les soucis quotidiens .  Et puis il faut dire , nous avons surtout l’impression de voguer sur un petit nuage doux et confortable alors , qui s’occupe du problème  ? ( tant qu’on ne s’étouffe pas avec ) .

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Pourtant , après avoir fini mon sevrage , ses techniques mon énormément servi . J’ai pu réaliser qu’au lieu de vouloir éradiquer la dépression à tout prix , je pouvais au mieux m’adapter  , pour évoluer positivement . ( Maintenant je me mets à parler comme un gourou d’une secte hyper révolutionnaire , c’est vrai on voit le progrès … ) .
Au départ , pendant plusieurs mois , tout était un peu chaotique , je me suis vraiment remis à déprimer blâmant le fait que rien n’avait marché . 

Mais finalement , je pense que par fatigue j’ai compris , que j’avais un rôle à jouer dans ma propre guérison . Et je pense , que ce déclic a fait que dans les moments où je pensais , que tout était fini . Où j’étais plutôt fatigué d’exister et de me battre pour rien . Je me raccrochais plus facilement à quelque chose de réaliste . Pensant à ceux qui m’étaient chère , les projets encore inachevés , et que je ne pouvais pas me permettre de laisser tomber .
D’autres techniques aussi , comme se fixer de petits objectifs . Les jours , où mon cerveau avait décidé de se faire la malle , en Antarctique . Comme devoir sortir dehors faire des courses . Ou encore plus petit , comme me lever de mon lit pour m’habiller , faire des devoirs , travailler un peu sur des papiers remis au lendemain . M’improviser chef cuisinier de très , très basse qualité .
À force de petits pas  , et parfois de grands bons en arrière . J’ai compris que le peu de contrôles que je pouvais avoir sur  mes actions , devaient être des manières bénéfiques d’apprécier ce que je faisais même de tout petit . Et même si présentement , j’ai encore du mal , à être potentiellement active du matin jusqu’au soir . Je sais que maintenant , la dépression n’a plus autant d’emprise qu’elle pouvait en avoir avant .
C’est ici  , que je vois cette évolution , où au lieu de voir le total échec de chaque chose que je fais , je vois une possibilité de survie pour d’infimes actions . Même si le doute ne quitte en aucun cas mon esprit , et  que je suis toujours capable de  remettre ma vie en doute , lorsque des événements inconnus s’immiscent dans ma routine quotidienne . Car oui , je suis restée quelque de très accrochée à mes habitudes  . Mes heures restent en général calculées dès le réveil . ( Je sais cela fait peur ) .

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Pour conclure sur ce texte beaucoup trop long , d’un témoignage un peu trop ennuyeux . C’est que la dépression n’est pas un chemin automatique qui mène à la guérison  .
Pour beaucoup , c’est une longue série de moments où tout peut aller mieux , comme tout peut aller de pire en pire . On peut prendre une période de traitement , comme en reprendre un autre plus tard  selon nos besoins . La dépression , est une expérience personnelle , qui n’a rien de comparable avec celle de son voisin .
Outre le mot  » guérison  » , il serait plus aisé de dire  » apprentissage  » . Car , je suis persuadée , que pour la majorité les stigmas , restent toujours profondément ancrés sur ceux qui ont vécus , de longues périodes difficiles .
Ce n’est pas une vilaine bête à éradiquer , mais plutôt une partie de soi avec laquelle  apprendre à coexister .
En général quand vous , vous cassez une jambe , et qu’après une longue période vous ne portez plus de plâtre . Il vous faudra tout de même porter un soin particulier à cette jambe bien ,  puisqu’elle restera toujours plus fragile que celle qui n’a pas été cassée .

C’est un rappel important , qu’au-delà de  vouloir cacher la dépression dans une boîte magique pour la faire disparaître . Ce sont des attitudes différentes , à adopter . Pour affronter chaque soucis quotidiens , à la manière qui semble adaptée par rapport aux moyens dont nous disposons .
C’est accepté aussi , que certains soient plus fragiles que d’autres et ceci est un constat plus dur à réaliser dans nos sociétés d’aujourd’hui . Et j’espère que dans le futur , à défaut de cacher les maladies mentales et les tabous qui lui sont propres  . Nous puissions être capable de leur trouver des manières de coexister . De trouver des adaptations , pour ceux souffrants de ces difficultés  . Notamment dans l’insertions professionnelles , et dans la vie quotidienne . Et c’est , je pense un des défis , pour notre avenir qu’il est important d’exprimer .

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