Retour vers le non sens : le confinement ou l’art de bien déprimer.

Il y a bien longtemps que je n’ai pas écrit alors pardonnez-moi si je semble rouillé.
Il me semblait important de revenir, pour ne pas abandonner chaque personne qui traverse comme moi cette chose… Je ne sais pas comment nous pouvons vraiment appeler la dépression.
Avec le confinement, il me semblait pourtant évident qu’il fallait que je me réveille ( même si cela devrait être de manière brutale : prends un balai pour taper sur le mollusque qui semble ne pas vouloir lâcher son lit).
Peu importe ce qui se dit ou ce qui ne se fait pas, pendant cette période d’enfermement. J’aimerais vous apporter tout mon courage, pour cette période quelque peu compliquée….( je dirais pas non que nous sommes dans le chaos le plus total sinon les complotistes vont nous dire de nous préparer à la fin du monde).

ENFIN, toute cette LONGUE introduction, pour vous faire comprendre que nous vivons la même chose. Nous sommes tous dans ce même gouffre qui chaque jour semble nous rapprocher du néant.
Il est vrai que se lever pour constater que rien ne change, rien ne bouge véritablement est frustrant. Comprendre que notre avenir est maintenant suspendu pour un temps indéfini.
Il y aurait toutes les raisons, pour ne pas se sentir à l’aise face à cette nouvelle réalité qui devient notre cauchemar quotidien. Un peu comme un jour sans fin, sans moyen de s’enfuir.
Peut-être avons-nous beaucoup de chances d’être en vie, d’avoir pour certains quelque part où être pendant cette crise.
Pourtant, l’isolement, quand il devient habituel peut aggraver notre état mental surtout si nous sommes plus sensibles que d’autres.
Il y a là, un sentiment de non-maîtrise de ce qui se passe. Parfois même, faire des activités ne suffit plus tant notre cerveau a bien compris que c’était surtout une méthode pour combler notre mal-être.
Alors, quoi faire ?
C’est une des questions que je me pose aussi. Ce qui est difficile, c’est que nous avons beaucoup plus de temps. Parfois même avec du travail à faire, il n’y a pas un moment où mon esprit me laisse un peu tranquille.
La motivation qui autrefois m’habitait n’est plus. Je constate que même improviser quelque chose de nouveau, comme tester une recette de cuisine ne me donne plus vraiment goût à la vie.
Après, si comme moi niveau cuisine vous excellez en l’art de brûler tous vos plats. Nous avons peut-être la réponse, sur le pourquoi ça nous ne rend pas heureux de manger quelque chose que nous avons mis tant d’effort à faire. Surtout, quand la tarte à un goût de vaisselle…
C’est vraiment bien comme exemple, car cela me fait comprendre que finalement un travail où il faut tout mal faire, c’est idéal pour moi.
Parfois, je me demande avec frustration où est-ce que je vais. Mais personne ne me répond dans ma tête déception…..

J’ai bien essayé la méditation, mais avoir des pensées dans ma tête qui court-circuite ce moment de calme n’est pas évident.
Il y a comme cette impression de faire nos tâches quotidiennes par automatisme. Ce désagréable ressentiment de n’être plus. L’idée de voguer dans le flou. Le sentiment que les jours qui passent, nous plongent dans un étrange monde qui par l’usure nous semble étranger. Un univers en noir et blanc, dont je ressentirai l’appel des couleurs, mais dont je n’arriverai pas à me rapprocher tant elles me semblent irréelle.
Parfois je ne me rappelle même plus de qui je suis, ni de mes buts , ni de mes projets.
J’ai beaucoup de mal à discerner une quelconque tristesse. J’ai surtout l’impression d’être dépourvu d’émotion, et même si je me mets à pleurer cela ne dure que quelques secondes.

 

 

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Si je me confie à vous, c’est parce que je suis persuadée que beaucoup de ceux qui me lisent cherchent de l’aide, des réponses, une bouée de sauvetage peut-être quelque part. Un signe ?
Alors, je tente de vous envoyer une corde pour vous inviter à nous suivre avec d’autres sur cette mer agitée qui est la dépression. Pour nous protéger de ses courants aléatoires jusqu’à un jour reçevoir le signe qu’il est tant de suivre une nouvelle direction.
Vous n’avez pas à survivre seul, à vrai dire au commentaire que je reçois et dont je remercie les témoignages, je comprends que nous sommes nombreux.
Une multitude qui comme vous ne sait plus où aller, ni comment rejoindre le large, ni comment redonner un sens et un goût à la vie.
Tant tout cela semble s’être effondré pendant cette année maudite.
Pour être honnête, je ne connais pas la destination de notre voyage.
Mais, si je peux par des mots en espérant qu’ils puissent trouver votre chemin. Vous dire que vous êtes utile, et que oui votre vie à une importance.
Que même si cette importance vous semble insaisissable, elle est bien présente. Aujourd’hui vous êtes encore en vie, c’est qu’il s’agit peut-être d’une chance à saisir de ne pas se faire du mal pour aller mieux.
De patienter, jusqu’à que l’aube se lève. Cette aube véritable qui nous livrera par son message, qu’il est l’heure de commencer à avancer pour notre prochaine aventure.
L’attente est une éternité qui parfois nous conduit au désespoir.Pourtant naît parfois de cette souffrance, ce souffle d’espérance qui nous pousse à sortir des ténèbres. Pour voir des vérités qui semblaient ne pas être sous nos yeux aveuglés par l’absence. Le manque qui caractérise nos doutes, nos peurs , et notre exaspération face au manque de réactivité de ce qui anime notre destin.

 

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Vous n’êtes pas un échec, nous sommes simplement déchus. Tomber quelque part, où nous ne pensions pas vraiment être.
Il y a forcément un moyen d’échapper à la fatalité : est-ce par obstination ? Mais je ne peux me résoudre à ce que tant d’effort pour survivre, soit réduis à qu’aujourd’hui notre route s’achève vers l’oubli, la mort.
Il y a un futur difficile à imaginer certes. Mais il est là, à attendre enfin que nous posions les yeux sur la bonne clé. ( je vois bien un homme à la barbe blanche, nous regarder d’en haut et qui se dit  » mais..mais… qu’il est débile cet être humain. Il ne voit pas que j’ai mis tant de mal à mettre ce superbe plan! Puis moi qui me disais t’inquiète il n’est pas suffisamment ignorant pour passer trois mille fois à côté! Après ça râle que les choses se passent mal, qu’il ne se passe rien. La prochaine fois je me casse plus la tête , c’est fini JE DÉMISSIONNE voilà!!! »).

Enfin, tout cela pour vous dire de prendre soin de vous.
Même si vous avez du mal à vous accorder avec le présent, et que le futur est parti en boudant. Il n’y a aucune raison de se torturer, en se disant que vous êtes la pire erreur de l’humanité, même si ces pensées dans nos têtes ne cesseront de le dire chaque jour.
Chaque parcours est unique, ceux qui en obtiennent de glorieux bénéfices sont rares. Personne n’a le destin d’un héros de bandes dessinées.
Mais nombreux sont ceux qui ne voient que de leur longue marche, des routes boueuses et impraticables. Elles nous font devenir à la longue usée par le temps l’effort, de vieux objets rouillés qui semblent avoir perdu toute valeur.
Cessons de nous comparer aux autres, de ces chemins épineux, personne n’arrive en bout de course de la même manière. Notre histoire nous est personnelle, elle est incomparable.
Pour chaque situation nous réagissons de manière différente, alors pourquoi vouloir se comparer à l’incomparable ?
Il n’y a rien de pire que de se laisser avoir par ces vils créatures qui aiment tant nous tromper, et qui sont nos démons intérieurs.
S’acharner à les croire serait vouloir rester dans la gadoue ( pour prendre un bain thérapeutique peut-être ? ). Cependant, n’est-il pas bon de trouver un foyer plus confortable pour se reposer ?
Voilà pourquoi je ne fais pas confiance à l’échec. Elle nous influence à nous voir comme des êtres dont tout est tracé. Il n’y aurait plus qu’à subir.
Je sais que je ne veux pas subir, mais je veux trouver un moyen de vivre ou au moins survivre.
C’est à vous de décider de ce que vous voulez faire. Ne laissez pas votre esprit parfois habité par ces étranges créatures, vous dictez que de votre vie il n’y a plus que poussière. Puis qu’à défaut de ne pouvoir rien faire de ces ruines, il serait mieux si vous n’étiez plus.

 

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 Par ce trop long discours, nous admettons que tout nous dépasse.

Mais, que rien nous oblige à intégrer cette fatalité en la laissant nous investir.
Il ne reste peut-être plus rien de demain.
Mais aujourd’hui, je m’en vais refaire de la méditation juste pour embêter encore plus mon esprit qui semble m’appeler à ne rien vouloir faire de ces jours qui se répètent.
Je crois en nous.
Même, si nous traversons en ce moment l’enfer.
Avec la tristesse et la solitude pour seul compagnon de route.
Il rien de mal à se sentir comme ça.
Apprivoisons notre peur de vivre dans cette confusion.
Prions juste pour que cette veille avant l’aube ne dure pas trop longtemps.
Passez une bonne fin de semaine.
Je le répéterais toujours et encore mais ne perdez pas espoir, vous ne marchez jamais seul nous sommes nombreux en ces heures difficiles.

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2 Réponses à “Retour vers le non sens : le confinement ou l’art de bien déprimer.”

  1. Olivier dit :

    Merci. J’avais envie ce matin d’en finir, mais ces mots sont tellement justes. Je vais patienter.

    Olivier

    • Bonjour,

      Merci de ton retour sur cet article.
      J’espère sincèrement que les choses iront mieux pour toi.
      Dans ce contexte difficile que nous traversons, il n’est certes pas facile de voir le bout du tunnel et de donner un sens à ce qui nous arrive.
      Mais il est extrêmement courageux de continuer à vivre même si c’est au prix d’un grand effort.
      Je ne connais pas ta situation, mais j’espère que les choses iront mieux. Je ne sais pas si tu as quelqu’un avec qui en parler de ce que tu ressens ? Même par téléphone.
      En tout cas, merci de ne pas abandonner. Même si tu l’ignores, ta vie est précieuse. Je suis sûre que tu dois compter pour beaucoup de personnes même si aucun signe ne vient affirmer cela. Tu dois surement apporter beaucoup de choses dans ce monde sans même t’en rendre compte. Le fait que tu existes dans ce grand désordre que peut-être l’univers, n’est pas qu’une coïncidence. Même si cette immensité que compose l’humanité nous fait apparaître comme un peu trop petit et inutile.
      Je t’encourage à persévérer dans ce brouillard. Le soleil est là, il se fait juste attendre.
      En te souhaitant une bonne fin de semaine.

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